Biquette et moi sommes heureux de vous présenter une nouvelle venue, la dénommée Patate !

Patate est un petit ordinateur portable MSI Wind U100 (027FR pour la référence exacte) tout noir et tout top cool. Pour ceux qui veulent savoir ce que la bête a sous le capot, c'est un processeur Intel Atom à 1.6GHz, un disque dur de 160Go, un gigot de RAM, un écran 10.2 pouces (avec donc une résolution de 1024x600), un lecteur de cartes qui marchera sans rien faire et une webcam (pratique pour les cam2cam coquines sur MSN, comme pensent sûrement actuellement plusieurs lecteurs)… L'ordinateur est aussi livré avec un CD de restauration et de sauvegarde de Windows XP (qui est d'ailleurs très utile sur un ordinateur sans lecteur CD) ainsi qu'une pré-installation d'XP. Le disque dur, après son formatage et son repartitionnement en bonne et due forme ne possède plus aucune trace de tout ça, donc le monde va bien et les oiseaux chantent (si si, tendez l'oreille). Comme il m'est arrivé quelques péripéties lors de la configuration de cette petite patate, je vais relater tout ça ici au cas où un autre que moi aurait un MSI Wind et ne s'en sortirait pas, il y aura donc des vrais bouts de technique dans ce billet ; désolé si ça choque.
L'installation en elle même s'est déroulée sans encombres via une clef usb contenant la netinstall de Debian testing (et d'ailleurs, j'écris ce billet depuis patate \o/). Par contre, au premier boot, il m'est arrivé un truc bizarre : /etc/fstab désignait le disque dur comme /dev/sdc alors que fdisk -l parlait bien de /dev/sda. J'ai dû être un peu distrait pendant l'installation parce que grub ne se lançait tout-bien que si je bootais sur la clef usb (/dev/sda, en l'occurrence ; je sais que c'est un peu confus mais il faut quand même suivre un minimum). Une réinstallation de grub et une modification du fichier /etc/fstab plus tard, la machine démarrait tranquillement.
Ensuite, vient le problème de la carte wifi. En effet, selon les modèles et lieux de commercialisation de l'ordinateur, la puce wifi n'est pas la même. La plus courante à l'air d'être une Realtek RTL8187SE et à ce qu'on peut lire sur le net, c'est aussi la plus chiante. Le mien est équipé d'une Ralink RT2860 (alors que le commerçant m'avait pourtant annoncé l'autre). Et il y aurait même des modèles avec un chipset Atheros (ça aurait été idéal). En tout cas, avec ma carte et Debian, y a pas 36 solutions, il faut le kernel 2.6.29 si on veut bénéficier du pilote fourni avec le noyau (rt2860sta) qui marche tout simplement super. Et puis, ça ne peut pas être un mal d'être à jour, c'est que le 2.6.26 commence se faire vieux quand même. Petit bémol, le driver dépendrait d'un firmware non-libre (comme le dit ce rapport de bug). Ralink, bouh ! Sinon, on peut aussi se l'installer via module-assistant, mais je ne vais pas détailler tout ça ici. Me voilà donc de nouveau obligé d'utiliser du non-libre pour mon matériel. /o\
Ensuite, j'ai opté pour m'installer un cocktail personnel avec du SLiM, du Openbox, du xfce4-terminal, du xfce4-panel… Mais tout ne s'arrête pas là. Il y a aussi moyen de s'amuser avec la carte graphique. En lançant glxgears, on obtient environ 400 FPS. Eh bien, on peut passer à environ 900 FPS en un claquement de doigt, satisfaisant par la même les gamerz nomades (chambre, salon, toilettes) que nous sommes tous (même toi, là bas, au fond). Pour cela, j'ai honteusement pompé sur le net (des tutos, des rapports de bugs, des sujets de forum) et j'ai fait un joli mix que voici.
D'abord, dans le xorg.conf :
Section "Device"
Identifier "Configured Video Device"
Option "AccelMethod" "xaa"
Option "MigrationHeuristic" "greedy"
Option "DRI" "true"
Option "FramebufferCompression" "on"
Option "UseFBDev" "true"
Option "RenderAccel" "true"
Option "XAANoOffscreenPixmaps" "true"
Option "Tiling" "on"
EndSection
Et puis au final, dans le .bashrc :
export INTEL_BATCH=1
Bon, par contre, rien de dingue, j'oscille entre 5 et 50 FPS selon les jeux et certains (comme gl-117) refusent tout simplement de se lancer. Les malpropres. Notons aussi que pour le coup, j'ai un peu copié sans chercher à comprendre, c'est que c'est bien obscur toutes ces bêtises d'accélération graphique.
Le portable vient aussi avec une interface Bluetooth. J'ai d'ailleurs trouvé sur le net une bien bonne astuce pour utiliser tout ça facilement, la voici. Avant toute chose, il faut installer le paquet gnome-bluetooth et ensuite créer le fichier ./local/share/Thunar/sendto/gnome-obex-send-generic.dekstop. Ce fichier doit juste contenir ça :
[Desktop Entry]
Type=Application
Version=1.0
Encoding=UTF-8
Name=Bluetooth OBEX Recipient
Exec=/usr/bin/gnome-obex-send %f
Et hop, il y aura une nouvelle entrée au menu « Envoyer vers » de Thunar. Et on utilisera gnome-obex-server pour récupérer des fichiers transmis par le Bluetooth (chez moi, il se lance à l'ouverture de ma session).
Pour pouvoir utiliser les touches de gestion du son, il faut faire une petite manipulation de rien du tout avec xmodmap. Quand on utilise Openbox, il suffit d'ajouter « xmodmap /chemin/vers/votre/xmap » dans ~/.config/openbox/autostart.sh. Ce fichier xmap contiendra :
keycode 176 = XF86AudioRaiseVolume
keycode 174 = XF86AudioLowerVolume
keycode 160 = XF86AudioMute
Et il n'y a plus qu'à mettre à jour le ~/.config/openbox/rc.xml :
<keybind key="XF86AudioRaiseVolume">
<action name="Execute">
<command>aumix -v+4</command>
</action>
</keybind>
<keybind key="XF86AudioLowerVolume">
<action name="Execute">
<command>aumix -v-4</command>
</action>
</keybind>
<keybind key="XF86AudioMute">
<action name="Execute">
<command>aumix -v0</command>
</action>
</keybind>
Voilà qui n'est déjà pas mal. Maintenant, sans transition, on va passer de la bidouille du dimanche à quelque chose de bien plus intéressant.
Étant d'un naturel paranoïaque, il ne m'a pas fallu en parler longtemps sur le net avant de me décider à chiffrer ma partition /home. Et en plus, c'est vraiment pas si compliqué que ça. On commence par installer le paquet cryptsetup. Avant toute chose, il peut être sympa de se faire un petit backup, j'ai par exemple créé un dossier /var/homebackup dans lequel j'ai copié /home/xbright. Après, on attaque les choses sérieuses (vérifiez que le module dm-crypt est chargé pour la suite). Et si vous avez un avertissement à propos d'un certain udevsettle manquant, pas de panique, c'est un bug. Enfin, pour bien comprendre mon exemple, dans mon cas, /home est sur /dev/sda5.
On commence par démonter notre partition :
umount /dev/sda5
Ensuite, on lance la création du chiffrage sur cette partition :
cryptsetup luksFormat /dev/sda5
Et puis, on va ouvrir tout ça :
cryptsetup luksOpen /dev/sda5 home
Et on va maintenant créer un système de fichier ext3 :
mke2fs -j /dev/mapper/home
À ce moment là, moi, j'ai restauré ma sauvegarde en trois étapes toutes simples :
mount -t ext3 /dev/mapper/home /mnt
cp -av /var/homebackup/xbright /mnt
umount /mnt
Et ensuite, dernière étape, il faut modifier deux fichiers, le premier, /etc/fstab, il s'agit de modifier la ligne concernant notre partition afin qu'elle ressemble à ça :
/dev/mapper/home /home ext3 defaults 1 2
Le dernier fichier à modifier est /etc/crypttab, auquel il suffira d'ajouter cette ligne :
home /dev/sda5 none luks
Un petit reboot et c'est bon. Il faudra juste entrer le mot de passe à chaque boot pour que la partition puisse être lue. Et puis, ça rassure le paranoïaque qui sommeille au fond de nous.
Et maintenant, les traditionnels screenshots pour montrer un peu à quoi ressemble la bestiole (attention, la taille de la police pourrait faire peur à certains qui se balladent sur le web en 16 pixels, parce que là, c'est moins que la moitié).
